Etre citoyen au risque de la chasse

 

Les chasseurs doivent-ils aussi contraindre les citoyens à ne pas aller en forêt ?

Où est le juste arbitrage du gouvernement ?

Echos à la manifestation du samedi 13 octobre 2018 à Paris

La chasse dénoncée comme mortelle pour les citoyens. © Bernard Boisson

Le samedi 13 octobre 2018, lors de la marche pour le climat, s’est déroulée une manifestation anti-chasse à Paris partant de la Place de la République. Dans la même journée, survient en Haute-Savoie (Montriond), le décès d’un VTTiste de nationalité britannique, victime d’un chasseur. Cet événement est survenu dans le seul pays d’Europe (la France !) où la chasse est ouverte tous les jours de la semaine, occasionnant 20 à 30 décès humains par an. Les pratiquants de la chasse ne représentent que 1,7% de la population française. Aussi est-il normal que le gouvernement leur alloue un surdroit très nettement abusif par rapport aux droits et demandes de la société civile non concernées par ces pratiques  (98% !) ? N’est-ce pas d’ailleurs l’influence démesurée du lobby de la chasse sur le gouvernement qui a été la goutte d’eau ayant fait déborder le vase, en précipitant la démission de Nicolas Hulot ? Devrions-nous ne pas en être outrés ? Il va sans dire que cette indignation est cœur de toute la coalition associative ayant appuyé cette marche.

 

Si la presse a encore cette capacité d’alarmer des décès de chasse, pourquoi ne fait-elle pas entendre dans la même mesure les voix qui n’en veulent plus pour acter les décisions adéquates ? Initialement conduire une voiture ne tue pas. Chasser tue. Alors pourquoi moins de règles sécuritaires et autant d’abus de droits à la faveur des chasseurs ? Notamment, existe-t-il moins d’alcooliques chez les chasseurs que chez les conducteurs ?…

Que dire des provocations évidentes pour imposer sur autrui ses droits territoriaux, telle une battue menée sur un des sites les plus emblématiques de Fontainebleau  en plein milieu d’un week-end à la veille du réveillon, devant des promeneurs interloqués ? Que dire des forêts privées dont on ferme les chemins au public 365 jours par an  dans le seul but de satisfaire des intérêts épisodiques de chasse ? …

Il y a assurément une arrogance des droits de chasse à l’encontre des droits de la société civile beaucoup plus larges.  Sortir en forêt ne doit pas être assimilé une activité dangereuse pour quiconque,  mais au contraire comme un temps d’apaisement où chaque personne peut se sentir ressourcée et en harmonie avec la nature.

Outre cela, dans cette manifestation anti-chasse nous vous informons des revendications premières demandées par les associations de défense de la protection animale plus habilitées que nous dans cette ligne :

Le 13 octobre 2018 Paris © Bernard Boisson
  1. Indépendance de la police de la chasse ;
  2. Interdiction de chasser les espèces en mauvais état de conservation ;
  3. Interdiction de chasser en périodes de reproduction ;
  4. Interdiction des pièges tuants ;
  5. Fin des chasses dites « traditionnelles » (glu, lèques, lacs, pentes, tendelles…) ;
  6. Abolition de la vènerie sous terre pour toutes les espèces ;
  7. Abolition de la chasse à courre pour toutes les espèces ;
  8. Abolition de la chasse dans les espaces protégés (Parcs Nationaux, Réserves naturelles, réserves biologiques) ;
  9. 2 jours par semaine sans chasse ni piégeage (dont le dimanche) et l’intégralité des vacances scolaires ;
  10. Visite médicale annuelle obligatoire pour le permis de la chasse avec contrôle de la vue.

 

(mesures énoncées dans une pétition sur le site de One Voice)

 

 Bernard Boisson

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