Eviter la rupture d’échelle en écologie

L’écologie globale oui, l’écologie-refuge non :

 

Beaucoup se plairait à croire à une montée de la conscience écologique. Toutefois, force est de constater qu’elle n’est pas du tout homogène. Du point de vue d’un regard global, elle se limite souvent à de petites niches enclavées dans les interstices des surfaces intensives d’exploitation. Nous pouvons même craindre une écologie larvée ne faisant que multiplier ses miettes sans concourir à une mue globale de notre société et de ses territoires.

 

Entre l’écologie des jardins et l’écologie des grands écosystèmes, reste à trouver une courroie de transmission en prises de conscience de la valeur des lieux, y compris dans l’enracinement qu’ils permettent aux mentalités de notre société

 

En réalité, nous constatons une fracture d’échelle :

Nous constatons un retour aux principes écologiques de la Terre à l’échelle des individus et de toutes petites communautés, mais pas à l’échelle des milliers et des millions d’habitants, des milliers et des millions d’hectares, des grands groupes financiers, des millions d’euros…

Nous constatons des pratiques écologiques à l’échelle des jardins ou de quelques dizaines d’hectares tout au plus quand il faut des niveaux d’échelle autrement supérieurs pour permettre à des forêts de se restituer dans des écosystèmes intégraux (10 000 hectares ou plus). Nous n’avons pas à l’heure actuelle de forêts de ce type en France quand les allemands en ont pris l’initiative d’en restituer depuis plusieurs décennies déjà..

 

Le Parc National de Bavière créé en 1970 de 24250 hectares

 

Nous constatons une scission des acteurs et des mentalités selon les niveaux d’échelle de l’économie…

Des initiatives comme les jardins bio, la permaculture… si elles peuvent être assurément saluées à leur niveau, n’ont pas pour vocation à seulement devenir des chaloupes que l’on jardine mieux à l’époque du naufrage des grands écosystèmes. Cela deviendrait pervers si on s’enfermait dans une logique de compensation pour soi par rapport à une écologie que l’on désespère de vivre ensemble à des niveaux d’échelle plus vastes.

Il est capital d’être présent sur tous les niveaux d’échelle. La capacité à être efficace dans un pragmatisme à notre portée, ne doit pas nous désintéresser des niveaux d’échelle paysagère, où il nous est autrement plus difficile d’avoir la même rapidité de retour en termes d’accomplissement.

 

La croissance des profits est autrement plus pressée que la croissance des forêts,  et la maturation des sociétés humaines est autrement plus lente et incertaine que la maturation des arbres et des écosystèmes…

Il se pourrait que la dissension entre ces deux réalités, porte toute la vulnérabilité de notre avenir commun, tandis qu’une réharmonisation de tous les niveaux d’échelle par une économie respectueuse de nature nous rappellera à des formes de bonheur que l’on ne parvenait même plus à imaginer.

A partir de ces observations, nous voulons à Forêt Citoyenne être présents en questionnements et recherche de solutions .

Nous ne voulons pas que les élites déstockent les défis écologiques et sociaux des forêts en cédant à un simplisme de gestion lié à une frénésie d’exploitation, mais qu’au contraire, elles facilitent vraiment les solutions les plus heureuses en harmonisation.