Des arbres ressuscités au cimetière ?

La municipalité de Boulogne-Billancourt projette d’abattre 435 platanes au cimetière Pierre Grenier.

Cet événement fait scandale par le fait d’avoir déclaré ces arbres malades du chancre coloré. Or cette affirmation a été démentie par l’expertise de Louis Vallin, également vice-président de notre association Forêt Citoyenne. Cette expertise est au demeurant validée par la DRIAAF.

Les platanes des places méridionales reconnus pour constituer des havres de fraîcheur seront particulièrement appréciés pour rendre plus supportable le réchauffement climatique en Île-de-France. Alors que maints professionnels cherchent à privilégier la plantation des essences qui pourront le mieux supporter le changement climatique, c’est un total non-sens d’abattre celles déjà aptes et en place à un stade mature. C’est un grave non-sens d’abattre des arbres sains à l’écart de la propagation de la maladie sans que nous puissions prévoir les autres essences qui demain seront à leur tour malades.

 

L’ensemble arboré du cimetière Pierre Grenier constitue une station d’épuration de l’air et un climatiseur non énergivore faisant partie des aménités de la nature urbaine qu’aucune replantation ne saurait suppléer avant plusieurs décennies comme le mentionne  une pétition locale. En temps de canicule, les espaces urbains sans arbres matures condensent la chaleur par réverbération sur le bitume et les édifices de pierre. Aussi cela amènera à déprécier fortement une ville comme Boulogne-Billancourt déjà sur-urbanisée et appauvrie en espaces verts. Les franciliens ont besoin de vivre dans des lieux de vie, et la perte des stades matures dans la végétation transformera très rapidement les villes en viviers de mal-être, si on ne coupe pas court à ce genre de décision. Les crottes de pigeon semblent à l’origine de la volonté  de supprimer ces arbres. Aussi le grief induit par leur abattage serait pire que les dommages justifiant l’intention. Dès lors, est demandé à la municipalité de bien relativiser les conséquences et annuler son projet.

La volonté d’abattre des platanes apparaît relever d’une mentalité incroyablement anachronique par rapport à notre époque. L’association Environnement92 via sa présidente Irène Nenner expose les faits déplorant l’arbre traité comme du « mobilier végétal ». La dépréciation de présence de l’arbre amène à perdre toute conscience du rôle systémique du végétal dans un milieu urbain déjà trop densifié. Quand la perte de sensibilité  (si ce n’est de b-à-ba dans le sens contemplatif ! ) est installée, cela oblige à recourir à des analyses sur l’écologie des systèmes autant qu’un pouvoir décisionnel se retrouve infléchi par des pressions d’intérêts qui n’ont d’égal que l’ignorance ou le déni pour exister.

Présidente d'Environnement 92, Irène Nener expose les faits

Les mauvaises décisions ne reposent pas seulement sur un manque de connaissances, mais sur un manque d’idées dans les solutions, et par un manque de vitalité à les chercher. Cela pose la question d’un ostracisme particulièrement inquiétant dans les mentalités. Dans un urbanisme sur-densifié, les cimetières deviennent des espaces importants dans la compensation écosystémique. Il serait vivement souhaitable de retourner l’annonce d’une bourde par une réflexion plus mature et créative en solutions avec les associations et les professionnels choqués.

On entend dire « le département des Hauts-de-Seine comme étant le plus riche d’Europe », ou comme ayant « un budget équivalent à un pays comme la Grèce ». Cela ne pose pas de problème à trouver 5 millions pour abattre sans réfléchir des arbres quand les budgets à la culture et à la prospective dévoués à un avenir plus sensible et plus intelligent sont tragiquement asséchés. Or la culture et la prospective judicieusement soutenues sont gardiennes de la cohésion et de la maturation entre les lieux de vie et les habitants. Sous pression abusive de la bétonisation et de l’abattage inconsidéré d’arbres, nous forçons les franciliens à s’enraciner dans des lieux déracinés. D’où le danger croissant de voir la population francilienne exploser comme une supernova et vouloir migrer vers des lieux plus vivables et moins outrageusement spéculés, ce qui prendra à revers toute l’économie de l’immobilier et des aménagements et se traduira par de grands désordres financiers outre les vrais sujets « écologiques » dont on semble faire fi… Nous sommes dans des années cruciales où nous n’avons surtout pas le droit de nous tromper dans les décisions. Notre génération est exposée à des responsabilités politiques outrepassant les mentalités partisanes…

Président de Forêt Citoyenne

Bernard Boisson

Pour en savoir plus et exprimer votre désaccord vous avez accès à la pétition

En cliquant sur l’image ci-dessous vous avez accès à notre vidéo témoignant en particulier de l’appui de Georges Feterman, président de l’association A.R.B.R.E.S avec Louis Vallin vice-président de notre association :

Remerciements à toutes les associations actives à l’évènement dont Boulogne-Environnement, le GNSA, LPO

Manifestation à Clamart pour sa forêt- juin 2019

A l’époque où l’on préconise de développer des trames vertes dans le milieu urbain,  les clamartois apprennent le projet d’une “trame grise” plus large encore dans leur forêt !

Aussi, le samedi  29 juin 2019,  ont-ils manifesté leur opposition à un élargissement de voirie dans le bois de Clamart faisant lui-même partie de la forêt de Meudon. Cet élargissement vise à entamer la forêt plus qu’ils ne le disent, compte-tenu du recul des accotements et des coupes d’arbres induites là où la route est déjà enclavée.

Voir sur YouTube notre reportage vidéo

Ce mécontentement s’inscrit dans un malaise de plus en plus oppressant des franciliens à avoir le sentiment “d’être mis sous tutelle”  concernant le devenir de leur ville, des espaces verts et des forêts présentes sur leur territoire communal.

En effet certaines communes ne semblent plus gérées comme des villes mais comme des territoires de spéculation foncière livrés aux promoteurs au risque de permis de construire abusivement alloués… La volonté de  densification urbaine induit l’intention d’élargir les voiries sur les derniers espaces non habités, telle la forêt… Mais les habitants ne s’y retrouvent plus du tout et se sentent abusés.

On regrette très vivement l’absence de vision civilisatrice de ceux qui en décident et le trop d’intérêts du BTP prévalant sur les collectivités. On se prend d’envie de nos voisins d’Outre-Rhin ayant moins joué la carte de l’urbanisme concentrationnaire pour mieux optimiser la répartition villes/campagne, si ce n’est la répartition ville/forêt, tandis qu’ils ont de surcroit des réserves naturelles forestières de taille surclassant de loin celles en France pour une population plus nombreuse !

Clamart (Haut-de-Seine)