Stop à l’exploitation intensive de la forêt domaniale de Fausses-Reposes !

La forêt de Fausses-Reposes est une forêt urbaine aux portes de Paris (à 5 km environ de la porte de Saint Cloud), classée en forêt de protection1 par décret en Conseil d’État le 23 août 2007, cette protection n’excluant pas l’exploitation du bois. Les coupes de rajeunissement sont présentées comme nécessaires à la pérennité de la forêt 2. Or l’existence de réserves biologiques intégrales (RBI) 3 et de forêts en libre évolution4 montre qu’une forêt peut survivre sans exploitation.

Les arbres remarquables disparaissent

Les grands arbres bordant les chemins, pour la plupart inscrits à l’inventaire départemental des arbres remarquables du Conseil général des Hauts-de-Seine disparaissent progressivement pour des raisons de mise en sécurité des promeneurs, le dépérissement d’un grand nombre d’arbres ayant été constaté. Cette décision semble aujourd’hui se faire systématiquement et brutalement, sans avis préalable ni concertation avec les associations et les usagers.

Ces arbres remarquables étaient 126 sur la seule commune de Ville d’Avray en 2014, combien en reste-t-il aujourd’hui ?

Le classement en forêt de protection du massif de Fausses-Reposes précise « la présence d’arbres remarquables confère à ce massif des qualités exceptionnelles. De telles essences forestières ont une incidence sur le climat car elles contribuent au maintien d’une humidité atmosphérique convenable et interviennent localement sur la circulation de l’air 5 ».

La durée de vie des arbres remarquables devrait être prolongée au maximum mais nous abattons le troisième âge des arbres ayant vraiment valeur d’arbres remarquables.

Les coupes sanitaires se multiplient

L’ONF a pris en 2017 la décision d’abandonner les coupes rases induites par la gestion en futaie régulière à l’échéance de 2024 mais le changement climatique fragilise actuellement les arbres et des problèmes phytosanitaires atteignent des massifs entiers.

Le choix s’offrant alors au gestionnaire est d’intervenir par prélèvement des arbres atteints avant dévalorisation du bois suivi de replantation, ou de laisser les dynamiques naturelles apporter des réponses spontanées de retour à l’équilibre sans intervenir (mutation génétique produisant des plants résistants, venue de prédateurs de ravageurs, …).

Il semble que la réponse actuelle soit de sortir beaucoup de bois dans un temps le plus court possible pour sauvegarder leur qualité.

Un risque d’inondation accru par l’exploitation industrielle

Des tonnes de bois s’accumulent au bord des chemins et les boisements s’éclaircissent de plus en plus. La mise en place d’une gestion en futaie irrégulière doit rendre les parcelles accessibles et exploitables par les entreprises forestières. Des voies de cloisonnement permettent la circulation des machines et s’installent sur 20 % environ de la parcelle.

La surface circulée et impactée par les engins dépend de l’entraxe choisi (les cloisonnements étant de 4 m de large). La surface productive est ainsi occupée de 16 à 25 % par les cloisonnements 6, selon la largeur de l’entraxe (écartement entre deux cloisonnements). Mais cela remet-il en question les volumes d’exploitation appliqués à la surface totale de la parcelle?

Par ailleurs cette gestion s’installant sur le bassin versant boisé (sols lessivés sur formation sableuse ou argileuse sur les pentes, sols podzolisés et podzols sur les pentes sableuses 7 est-elle vraiment en phase avec le risque majeur de crue et d’inondation qui a amené à une requalification des digues en barrage ?

La diminution des écoulements augmente avec l’âge du peuplement 8, un rajeunissement de la forêt sur les bassins versants alimentant les étangs est-il dans ce cas souhaitable ?

Les forêts naturelles diminuent le ruissellement superficiel et l’abondant réseau de racines permet à l’eau de pénétrer très profondément dans le sol. Le feuillage vert, la couverture de feuilles mortes et l’accumulation d’humus retardent l’écoulement des eaux de pluies et agissent comme une éponge en restituant l’eau goutte à goutte. Le débit de pointe est ainsi réduit en cas de fortes pluies, sans toutefois modifier le volume total écoulé.

la régulation hydrique par les forêts est meilleure quand on ne coupe pas les arbres ayant un riche complexe racinaire

La restauration et l’entretien du système de drainage mis en place au XVIIe siècle pourrait largement être remis en cause et repensés dans le contexte actuel 9 .

Afin de prévenir les crues et inondations futures, une charte d’engagement en faveur des zones d’expansion des crues du bassin Seine-Normandie a été signée le 27 février 2020 entre le Grand Paris et les Chambres 10. Elle autorise l’indemnisation des agriculteurs qui permettront d’éviter que la métropole parisienne soit sous l’eau en stockant volontairement et temporairement les eaux de crues, grâce à la mise en place ou la modification d’aménagements hydrauliques (permettant la sur-inondation) dans le cadre de projets concertés à l’échelle d’un bassin versant 11.

Cependant un sol forestier sain est capable de retenir l’eau pour l’alimentation des arbres mais aussi pour limiter les phénomènes de crues 12. L’ONF peut proposer dans le cadre de la prévention des crues et inondations 13 une gestion adaptée, mais la question du financement reste posée … Associer la traction animale à l’exploitation actuelle permettrait de préserver l’environnement. Le cheval débusquant les bois a un impact quasi nul sur la régénération et sur le peuplement 14.

Les plans de prévention des risques inondation (PPRI) 15 de la DRIEE Île-de-France ne semblent pas prendre en compte le rôle de la forêt dans la gestion de l’eau. Les politiques publiques à travers les institutions ou les actions de gestion de l’eau et de la forêt, se devraient de travailler en parfaite cohésion, nous déplorons vivement ce manquement.

Réduction des mesures en faveur de la biodiversité

Par ailleurs, la fonction écologique de protection de la biodiversité justifiée par la présence d’une ZNIEFF 16 ne semble plus prise en compte.

La révision de l’aménagement forestier 2005-2024 précise que les îlots de vieux bois représentent 52,46 ha soit 8% de la surface totale de la forêt, ils font partie des dispositions en faveur du maintien de la biodiversité.

Mais lors du comité de forêt de 2017 a été annoncé la réduction de la surface des îlots de vieillissement, avec suppression de 31,46 ha affecté aux îlots de vieux bois. Cette mesure initialement appliquée sur 8 % de la surface totale de la forêt se voit réduite à 3 %.

D’après le document de l’Office National des Forêts (ONF) Création d’îlots de vieux bois en forêt de Rambouillet 17 : « Si nous ne sommes pas certains que des îlots de vieux bois apportent à la sauvegarde de la biodiversité les réponses idéales, nous sommes sûrs que l’absence de ce dispositif se traduira par des pertes importantes. »

Les îlots de vieillissement sont des peuplements adultes dont le cycle sylvicole est prolongé jusqu’à deux fois l’âge d’exploitabilité prévu, ils offrent une production de bois de qualité et de forte dimension. Outre cet intérêt économique, ils favorisent l’apparition de micro-habitats, offrent un intérêt paysager, permettent un suivi dendrométrique pour évaluer l’évolution de la production, sont un refuge pour les prédateurs des ravageurs, ont un rôle éducatif, …

Il est à noter que doubler l’âge d’exploitabilité est loin de permettre à l’arbre d’atteindre la maturité écologique optimale de développement de bois mort qui permet l’habitat et la nourriture pour certaines espèces. Cela interdit la conservation d’arbres remarquables ou « arbres présidents » en forêt domaniale.

De plus, un rapport récent « Gestion forestière et changement climatique » 18 propose une nouvelle approche de la stratégie nationale d’atténuation et montre qu’il est essentiel de laisser vieillir les forêts pour atténuer le changement climatique. Ces nouvelles études remettent en cause dans notre cas les arguments du Ceser d’Île-de-France pour un rajeunissement de la forêt et des replantations 19

La fonction sociale maltraitée

Forte indignation de la population exprimée par les inscriptions sur les grumes et confirmée dans notre enquête auprès des promeneurs

Par ailleurs, la politique ambitieuse de la Région Île-de-France en faveur de la filière forêt-bois 20 ouvre des perspectives économiques et de nombreux débouchés tant en bois d’œuvre qu’en bois énergie, mais nous estimons la fonction sociale prioritaire dans le contexte très urbanisé du Grand Paris, encore appelé à se densifier dans les années à venir.

Une coupe sévère en pied d’immeuble en forêt de Fausses-Reposes sur la commune de Ville d’Avray dans les Hauts-de-Seine avait abouti en 2016 au lancement d’une pétition sur change.org « Pour la sauvegarde des forêts domaniales du Grand Paris » 21, laquelle recueillit quelques 40 000 signatures, montrant les limites de l’acceptabilité sociale de certaines coupes.

A qui profite l’exclusivité à se focaliser sur les risques de crues des étangs de Corot consécutives à l’état des digues quand une forêt en amont bien structurée dans son paysage reste autrement plus judicieuse pour soutenir des fonctions de régulations hydriques et termiques qui ont été éludées par un manquement d’études globales ?

fond de l’étang de Corot en 2019 – Ville d’Avray
Même fond d’étang en 2020 à J-3 le confinement.

Au nom de quoi se donne-t-on le droit d’omettre que les arbres sont scientifiquement reconnus comme des climatiseurs naturels au prorata de leur maturité et du degré de stratification des houppiers dans une futaies mélangée sur la graduation la plus large des âges ? Les canicules sont-elles donc bien moins à craindre que les crues et voulons-nous un climat encore plus dur en Ile-de-France ?

Au nom de quoi se donne-t-on le droit de mépriser les vertus régénératives reconnues par la sylvothérapie des stades matures de forêts et des arbres pour la santé physique et mentale des êtres humains ? Les forêts sont-elles seulement des territoires de compensation urbaines où suffit la verdure appauvrie ?

Devant les générations futures, de quel droit décidons nous de dévaloriser les paysages en empêchant les stades matures de forêt ? N’omettons pas qu’une forêt sans arbres au-delà de l’âge d’exploitabilité est juste un boisement fonctionnel sans profondeur. Quand on donne le droit à un arbre d’exister au-delà de l’âge d’exploitatibilité, cela procure consciemment ou inconsciemment une sensation de détente dans un environnement économique et humain très oppressant dans le profit à tout crin.

Nous déplorons déjà très vivement une décision acculturée concernant la conservation d’un site paysager et le design des aménagements prévus pour les étangs de Corot sans compatibilité avec la notoriété du site associé à l’image d’un peintre mondialement connu.

A une époque où les citadins ne voudront plus être confinés dans de l’urbanisme concentrationnaire et que nous allons assister à l’échec du Grand Paris est-il intelligent de dévaloriser les forêts péri-urbaines quand tout le monde voudra se sentir retrouver des espaces non-humains qui aient préservé leur profondeur réelle ?

Pour toutes ces raisons et d’autres non énumérées, il est temps de ne plus marcher à l’envers en ne sachant pas ce que l’on fait…

En conclusion, nous proposons pour la forêt de Fausses-Reposes :

– une sylviculture douce associant machine et traction animale (voire avec dirigeable22 à bon escient) afin de préserver les sols et la santé des peuplements, tout en contribuant à réduire le débit de pointe des eaux pluviales sur les bassins versants alimentant les étangs de Corot,

– une gestion préservant la biodiversité avec le maintien de la surface de 8 % d’îlots de vieillissement, participant également à la prévention des crues et inondations, à l’atténuation des effets du changement climatique et au maintien de la qualité paysagère,

– une reconnaissance des services écosystémiques rendu par la forêt, notamment en matière de gestion de l’eau, par un paiement pour services environnementaux (PSE) donnant les moyens financiers à l’ONF d’adopter une gestion de prévention des risques naturels, équilibrant naturellement fonctions sociales, écologique et économique,

– nous demandons qu’un pourcentage d’arbres soient maintenus au-delà de l’âge d’exploitabilité pour que toute la pyramide des âges soit représentée parmi les arbres, et que nous évitions qu’il y ait un trou générationnel faisant que demain nos descendants n’auront plus d’arbres remarquables dans cette forêt. Nous demandons que des arbres soient classés et conservés au titre d’ « arbres présidents ».

– la prise en compte de la fonction sociale prioritaire dans cette forêt urbaine du Grand Paris

Catherine Bort,  Forêt Citoyenne

Photographies de Bernard Boisson, président de Forêt Citoyenne, membre des JNE.

Solastalgie et forêts

La gestion des arbres et des forêts :

Et si on revoyait le sujet à la lumière solastalgie ?

Parmi les raisons d’avoir été fondée, l’association Forêt Citoyenne entend donner à la société civile des moyens distincts des argumentaires scientifico-naturalistes et écologistes pour réhabiliter et initier dans la fonction sociale des forêts des rapports humains/nature restaurant notre sensibilité en synergie avec la préservation des écosystèmes forestiers et la maturité des arbres. Car notre association n’est pas naïve. Elle sait qu’on ne peut juguler la dégradation de la nature avec des sensibilités humaines dégradées. Aussi importe-t-il de rétablir cette connexion pour impulser la boucle vertueuse de restauration sans aucune négligence devant des sujets médiatiquement plus hypnotiques comme les changements climatiques…

Aussi et à ce titre, elle ne pouvait pas être indifférente à la traduction française toute fraiche du livre du philosophe australien Glenn Albrecht « les émotions de la terre, des nouveaux mots pour un nouveau monde » aux éditions LLL (les liens qui libèrent). Glenn Albrecht est désormais internationalement connu comme l’initiateur du concept de solastalgie. Constatant le dévoiement des mots développement durable, résilience… dans les sphères industrielles et politiques et constatant que nous ne pouvons lever l’énergie d’une société sans vocabulaire qui identifie avec exactitude les émotions et les souffrances des peuples affectés par la destruction de leur milieu de vie, Glenn Albrecht est devenu un producteur de néologismes, et ça marche… Car en effet si nous sommes pourvus de vocabulaire psy pour diagnostiquer les pathologies mentales affectant les vies personnelles, les sciences humaines et sociales ont laissé un espace déficitaire en vocabulaire-pour diagnostiquer les souffrances des sociétés liées à la dégradation des milieux de vie. Or un mot consensuel pour cadrer un diagnostic est la première étape pour s’entendre vers un protocole de guérison à mettre en œuvre.

Tout a commencé en Australie dans la Nouvelle-Galles. La vallée du Hunter était initialement un sanctuaire de nature remarquable avec des restes de forêts pluviales peuplées de cèdres rouges, des landes et des marais. Toutefois, elle s’est vue dévastée sur des surfaces considérables par l’industrie minière du charbon éventrant à ciel ouvert les reliefs, élargissant son périmètre de déblais, de poussières et de nuisances sonores diurnes et nocturnes. Glenn Albrecht accompagne l’état moral des populations riveraines et finit par avancer le terme de solastalgie. A l’évidence le mot nostalgie ne pouvait pas convenir à ce mal chronique affectant ces populations car il suppose un spleen en regard d’un lieu que l’on a quitté. Or, ici personne n’a bougé. C’est le lieu qui a quitté les gens par le forcing d’une activité industrielle dévastant le paysage d’une population. Nous avons conscience que tant que la blessure sensible d’une société n’est pas identifiée par un mot cernant avec exactitude l’état de la souffrance, alors l’impunité d’une exploitation peut étendre sa violence allant jusqu’à culpabiliser toute action de se plaindre. La solastalgie n’a rien à voir avec un vague à l’âme dans le flou de sa cause. C’est un grief existentiel, cru et Terrien, un retour direct sur soi de la dévastation du milieu de vie. Il va jusqu’à déstabiliser la raison d’être, et trouble l’identité les résidents initiaux du lieu dévasté. A ce titre une population colon semble essuyer un choc psychologique dans le même crescendo de continuité qu’une population aborigène antérieure lors de la venue des européens.

Mais ce qui est cause de solastalgie chez les êtres humains ne provient pas toujours des actions directes de destruction paysagère inhérentes aux activités industrielles, mais trouve aussi ses origines dans les sécheresses, les incendies et les inondations relevant de responsabilités humaines indirectes.

Glenn Albrecht énonce le concept de solastalgie depuis 2003 et voit son terme de plus en plus repris dans le monde pour diagnostiquer des griefs équivalents dans les rapports humains/nature, cela pour de multiples affaires environnementales quel que soit leur degré de gravité. Nous ne sommes pas sans penser que nous retrouvons également sous le terme de solastalgie, l’abattement moral à vivre dans nos forêts des coupes rases massives ou des arbres urbains abusivement abattus qui plus est, initiés par des instances décisionnelles intempestives et déconnectées. Je me souviens d’un interview de Glenn Albrecht évoquant que la solastalgie que nous pouvons vivre devant ces griefs sporadiques en dévastation paysagère auront tout lieu d’être sublimés par la sidération que nous viendrons à vivre sous des évènements majeurs de changements climatiques. J’ai lu cet article à peine deux mois avant les grands incendies d’Australie éradiquant un milliard d’animaux et rayant de la carte l’équivalent en surface forestière de la Région Aquitaine sans compter les feux de brousse multipliant plus encore les surfaces calcinées.

Il va de soi que je me suis demandé ce que pouvait rapporter en témoignage un tel homme après de tels évènements. La réponse nous a été donnée dans sa conférence de presse à Paris chez son éditeur début mars 2020 :

Les australiens dormaient depuis très longtemps étant très durs à réveiller comme le koala dans la journée. Les feux ont été un coup mental énorme pour eux. Ce que nous avions pris pour acquis à disparu. On a vu des paysages qui ne s’en remettrons jamais. Cela a affecté des gens qui n’ont jamais été au fond d’eux-mêmes de véritables écolos mais qui aimaient ces endroits pour y passer des vacances. Ils regardaient même s’ils ne comprenaient pas, mais maintenant tout est brûlé. Ils chantent la chanson de Joni Mitchell du grand taxi jaune «… ne laisser pas partir ce que vous n’avez pas encore compris ».

Un auteur comme Glenn Albrecht ne peut soulever un sujet aussi grave sans développer la vision antidote. Sa volonté à ne pas jouer les sirènes catastrophiste est farouche. Il souhaite que son mot solalstalgie sorte de notre langage en 2100 sous l’effet d’une humanité se délivrant de ses forces obscures. Reprenant le terme d’anthropocène pour dénommer l’époque actuelle de l’humanité très dévastatrice en milieux naturels, il voit sur la base d’un choc en retour des nécessités, l’avènement d’une période ultérieure : le symbiocène, une époque des rapports symbiotiques humain/nature. Il se charge désormais de fouiller en profondeur cette perspective, nous invitant à hâter notre conversion.

Concernant la dévastation massive par les incendies récents, Glenn Albrecht ajoute :

On ne peut pas en revenir et rester dans le déni. Le peuple australien est passé au-delà des politiciens. Il y a une prise de conscience que les politiciens de la gauche et de la droite sont captifs des intérêts des énergies fossiles. Nos politiciens ne gouvernent pas. Ils sont gouvernés… Les gens entrevoient que l’avenir peut réserver des incendies encore pires… On commence en plus à perdre la grande barrière de corail. Nos réserves en eau s’assèchent. Les rivières ne coulent plus. Bientôt nous allons migrer en France. On a besoin d’endroits tempérés et humides et la France, ça à l’air d’être pas mal pour ça…

Aussi si nous comprenons que les français n’ont pas de koalas qui dorment en leurs branches, il faudra s’affranchir de cette métaphore pour nous réveiller quand même. En retour, les journalistes expriment ici à l’interviewé leur sentiment d’être sursitaires sur la liste pour on ne sait quel événement. Evidemment Glenn Albrecht n’en doute pas, nous voyant tous sur le même bateau.

Bernard Boisson

Des arbres ressuscités au cimetière ?

La municipalité de Boulogne-Billancourt projette d’abattre 435 platanes au cimetière Pierre Grenier.

Cet événement fait scandale par le fait d’avoir déclaré ces arbres malades du chancre coloré. Or cette affirmation a été démentie par l’expertise de Louis Vallin, également vice-président de notre association Forêt Citoyenne. Cette expertise est au demeurant validée par la DRIAAF.

Les platanes des places méridionales reconnus pour constituer des havres de fraîcheur seront particulièrement appréciés pour rendre plus supportable le réchauffement climatique en Île-de-France. Alors que maints professionnels cherchent à privilégier la plantation des essences qui pourront le mieux supporter le changement climatique, c’est un total non-sens d’abattre celles déjà aptes et en place à un stade mature. C’est un grave non-sens d’abattre des arbres sains à l’écart de la propagation de la maladie sans que nous puissions prévoir les autres essences qui demain seront à leur tour malades.

 

L’ensemble arboré du cimetière Pierre Grenier constitue une station d’épuration de l’air et un climatiseur non énergivore faisant partie des aménités de la nature urbaine qu’aucune replantation ne saurait suppléer avant plusieurs décennies comme le mentionne  une pétition locale. En temps de canicule, les espaces urbains sans arbres matures condensent la chaleur par réverbération sur le bitume et les édifices de pierre. Aussi cela amènera à déprécier fortement une ville comme Boulogne-Billancourt déjà sur-urbanisée et appauvrie en espaces verts. Les franciliens ont besoin de vivre dans des lieux de vie, et la perte des stades matures dans la végétation transformera très rapidement les villes en viviers de mal-être, si on ne coupe pas court à ce genre de décision. Les crottes de pigeon semblent à l’origine de la volonté  de supprimer ces arbres. Aussi le grief induit par leur abattage serait pire que les dommages justifiant l’intention. Dès lors, est demandé à la municipalité de bien relativiser les conséquences et annuler son projet.

La volonté d’abattre des platanes apparaît relever d’une mentalité incroyablement anachronique par rapport à notre époque. L’association Environnement92 via sa présidente Irène Nenner expose les faits déplorant l’arbre traité comme du « mobilier végétal ». La dépréciation de présence de l’arbre amène à perdre toute conscience du rôle systémique du végétal dans un milieu urbain déjà trop densifié. Quand la perte de sensibilité  (si ce n’est de b-à-ba dans le sens contemplatif ! ) est installée, cela oblige à recourir à des analyses sur l’écologie des systèmes autant qu’un pouvoir décisionnel se retrouve infléchi par des pressions d’intérêts qui n’ont d’égal que l’ignorance ou le déni pour exister.

Présidente d'Environnement 92, Irène Nener expose les faits

Les mauvaises décisions ne reposent pas seulement sur un manque de connaissances, mais sur un manque d’idées dans les solutions, et par un manque de vitalité à les chercher. Cela pose la question d’un ostracisme particulièrement inquiétant dans les mentalités. Dans un urbanisme sur-densifié, les cimetières deviennent des espaces importants dans la compensation écosystémique. Il serait vivement souhaitable de retourner l’annonce d’une bourde par une réflexion plus mature et créative en solutions avec les associations et les professionnels choqués.

On entend dire « le département des Hauts-de-Seine comme étant le plus riche d’Europe », ou comme ayant « un budget équivalent à un pays comme la Grèce ». Cela ne pose pas de problème à trouver 5 millions pour abattre sans réfléchir des arbres quand les budgets à la culture et à la prospective dévoués à un avenir plus sensible et plus intelligent sont tragiquement asséchés. Or la culture et la prospective judicieusement soutenues sont gardiennes de la cohésion et de la maturation entre les lieux de vie et les habitants. Sous pression abusive de la bétonisation et de l’abattage inconsidéré d’arbres, nous forçons les franciliens à s’enraciner dans des lieux déracinés. D’où le danger croissant de voir la population francilienne exploser comme une supernova et vouloir migrer vers des lieux plus vivables et moins outrageusement spéculés, ce qui prendra à revers toute l’économie de l’immobilier et des aménagements et se traduira par de grands désordres financiers outre les vrais sujets « écologiques » dont on semble faire fi… Nous sommes dans des années cruciales où nous n’avons surtout pas le droit de nous tromper dans les décisions. Notre génération est exposée à des responsabilités politiques outrepassant les mentalités partisanes…

Président de Forêt Citoyenne

Bernard Boisson

Pour en savoir plus et exprimer votre désaccord vous avez accès à la pétition

En cliquant sur l’image ci-dessous vous avez accès à notre vidéo témoignant en particulier de l’appui de Georges Feterman, président de l’association A.R.B.R.E.S avec Louis Vallin vice-président de notre association :

Remerciements à toutes les associations actives à l’évènement dont Boulogne-Environnement, le GNSA, LPO

 

L’information a été relayée par le 20h de France 2, le lundi 2 mars 2020 en fin de journal

 

Manifestation à Clamart pour sa forêt- juin 2019

A l’époque où l’on préconise de développer des trames vertes dans le milieu urbain,  les clamartois apprennent le projet d’une « trame grise » plus large encore dans leur forêt !

Aussi, le samedi  29 juin 2019,  ont-ils manifesté leur opposition à un élargissement de voirie dans le bois de Clamart faisant lui-même partie de la forêt de Meudon. Cet élargissement vise à entamer la forêt plus qu’ils ne le disent, compte-tenu du recul des accotements et des coupes d’arbres induites là où la route est déjà enclavée.

Voir sur YouTube notre reportage vidéo

Ce mécontentement s’inscrit dans un malaise de plus en plus oppressant des franciliens à avoir le sentiment « d’être mis sous tutelle »  concernant le devenir de leur ville, des espaces verts et des forêts présentes sur leur territoire communal.

En effet certaines communes ne semblent plus gérées comme des villes mais comme des territoires de spéculation foncière livrés aux promoteurs au risque de permis de construire abusivement alloués… La volonté de  densification urbaine induit l’intention d’élargir les voiries sur les derniers espaces non habités, telle la forêt… Mais les habitants ne s’y retrouvent plus du tout et se sentent abusés.

On regrette très vivement l’absence de vision civilisatrice de ceux qui en décident et le trop d’intérêts du BTP prévalant sur les collectivités. On se prend d’envie de nos voisins d’Outre-Rhin ayant moins joué la carte de l’urbanisme concentrationnaire pour mieux optimiser la répartition villes/campagne, si ce n’est la répartition ville/forêt, tandis qu’ils ont de surcroit des réserves naturelles forestières de taille surclassant de loin celles en France pour une population plus nombreuse !

Clamart (Haut-de-Seine)