Les coupes rases sanitaires en Île-de-France  au risque de produire l’effet inverse de leur intention – janvier 2021 :

 

Coupe rase sanitaire dans la forêt de Malmaison (Hauts-de-Seine)

Le covid19 cache-t-il les maladies parasitaires qui atteignent aujourd’hui nos forêts ? Médiatiquement, cela ne fait aucun doute.

Notre association Forêt Citoyenne s’en inquiète compte-tenu qu’elle enjoint la meilleure optimisation possible dans la continuité de renouvellement des stades matures de forêt.

En effet, les stades matures des arbres permettent l’effet climatiseur des forêts périurbaines, leurs rôles de stations d’épuration de l’air, de puits de carbone… pour le dire scientifiquement aux moins contemplatifs de nos semblables.

Les stades matures de forêts permettent aussi une intériorisation des paysages quand la ville est éventée dans ses affaires, son agitation mentale, son trafic et son stress. Ils sont une alternative de décompression aux territoires urbains hyper-fonctionnalisés tout comme à l’oppression consumériste. Les stades matures de forêt ont une valeur sylvothérapeutique accrue indispensable à l’équilibre physique, psychique et mental des êtres humains et à l’évidence dans ce domaine, tout n’est pas encore exploré… Donc n’est pas estimé le choc en retour de ce que nous altérons.

Désormais, il faut savoir que le réchauffement climatique accélère les maladies des arbres. Il n’y a plus de gel hivernal durable comme autrefois pour juguler les attaques parasitaires. A l’inverse, les coupes rases sanitaires (CRS) renforcent l’effet canicule qui renchérit ces agressions.

On ne peut s’empêcher de penser qu’un prélèvement plus sélectif et progressif des arbres avec renouvellement eût mieux pondéré ce nouveau péril.

Lui même en désarroi, l’ONF n’a manifestement pas les moyens du défi : sous-effectifs, manque de lignes de crédit dédiées…

On fait venir en Île-de-France des sous-traitants de la coupe équipés d’abatteuses qui ne se dérangeront pas pour de petits chantiers quand des coupes sanitaires plus sélectives et chirurgicales avec régénération permanente sous ombrages auraient sans nul doute mieux amorti les effets de chaleur et la propagation des maladies.

Et si avec le réchauffement climatique certaines coupes rases ne repartaient pas en forêt ?
Le sol ne sera plus drainant après son tassement par les machines de chantier, ce qui est contre-sanitaire.

On parle même de parcelles forestières pouvant tomber en « impasses sanitaires » au risque de ne pas pouvoir repartir en forêt. Sans doute cela serait à terme une occasion formidable pour libérer la place au BTP sous le feu vert d’élus dont la vision financière n’est pas du tout avisée de la gravité du phénomène en court. Ce scénario pourrait bien ne plus être de la fiction si un jour on nous apprend le démantèlement de l’ONF et la « balkanisation » des forêts domaniales.

Les grèves des transports suivies du covid et de ses confinements obligés ont précipité plus encore le mal-être des franciliens qui n’ont de solution qu’à fuir une densification urbaine déjà trop prégnante. Abusés par les chantiers, les citoyens souffraient déjà d’une surdensification dynamisée par la spéculation foncière faisant fi de la vivabilité des lieux. Ce n’est donc vraiment plus le moment pour la Région Île-de-France de négliger ses espaces verts à commencer par l’état des forêts domaniales. La société civile a très vivement de quoi s’inquiéter que ses élus ne s’inquiètent pas de l’état sanitaire des forêts péri-urbaines ! Aussi désirons-nous ne pas voir cette problématique éludée aux élections régionales de 2021.

On cherche désespérément où se trouvent les lignes de crédit dans une recherche en assistance sanitaire ne relevant pas de la CRS qui rappelle la saignée des médecins de Molière. Évidemment, on voudrait voir la solution provenir d’une science avisée des défenses immunitaires inhérentes à l’organisation symbiotique des espèces en évitant les effets secondaires de produits phytosanitaires. Aussi ces lignes enjoignent un appel ouvert aux compétences pouvant apporter leurs contributions aux solutions. Reste à souhaiter que nous n’ayons pas dans l’avenir un accroissement exponentiel du phénomène conduisant à une promiscuité conflictuelle des intérêts projetés sur les forêts. Car plus nous gérerons les problèmes en dérivation, plus demain nous vivrons de manière tendue notre immaturité collective et politique sur ces sujets.

Texte de Bernard Boisson

Photos Forêt Citoyenne

Voir des arbres sains partir dans des coupes rases sanitaires jette forcément le trouble chez les citoyens avisés qui s’attendent à voir les forêts domaniales franciliennes évoluer vers un profil de forêt irrégulière. Ce malaise peut être renchéri par des souvenirs de coupes sanitaires alibi en province dont la raison première était autre. En Île-de-France la problématique reste distincte, mais la crise bien amorcée.
Maladie de l’encre sévissant sur les châtaigniers… et aussi sur certains chênes.
Coulure indicatrice de la maladie de l’encre sur un jeune surgeon de châtaignier
Maladie de suie mettant en péril un jeune érable
autre attaque parasitaire sur merisier…
Les galles de cynips sont le premier signe d’alerte des châtaigniers malades. Le cynips est un insecte venu de Chine. Il parasite les bourgeons de l’arbre pour nidifier ses larves (galle). Quand les galles dégénèrent, elles deviennent la porte d’entrée d’un champignon : le cryphonectria parasita vecteur de la maladie de l’encre.
Galeries de capricornes. La présence du capricorne dans des grumes entreposées est à interpréter avec précaution et différemment dans des coupes sanitaires… Nous avons de ce côté des espèces rares nécessitant protection…
Tout le monde est en suspens de la reprise végétale au risque d’une impasse sanitaire (photo Mascotte Production)
La question est posée d’une synergie d’emballement entre les maladies parasitaires des arbres, le réchauffement climatique, et les coupes à blanc sanitaires pouvant au fil des ans plomber en crescendo le redémarrage des forêts. Et si comme pour le covid-19 nous étions face un phénomène exponentiel à cause de la mise en synergie négative des interactions ? A souvent été évoquée que la coupe de bois ne doit jamais dépasser le taux d’accroissement de la forêt. Mais ne doit-on pas maintenant urgemment réviser les plans de gestion et réduire la coupe de bois si le taux d’accroissement des forêts se retrouve considérablement affaibli par les crises sanitaires ? En effet, trop de présomptions nous laissent craindre ce manquement en bienveillance de la filière bois dans la pression croissante de ses appétits sur la ressource.

 

Pour en Savoir plus :

Témoignages vidéo sur la toile :

Interview de L’expert Louis Vallin évaluant des coupes sanitaires en forêt de Malmaison /Bois de Saint Cucufa :

Réactions de la population par rapport aux coupes sanitaires :

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